ANDRÉ CAMPRA

( 1660 - 1744 )

 


Baptisé le 4 décembre 1660 à Aix-en-Provence, André Campra est le fils d'un Italien, Jean-François Campra, et de Louise Fabry, originaire d'Aix. Campra commence en 1674 sa formation musicale dans le choeur de la cathédrale Saint-Sauveur sous la direction de Guillaume Poitevin, qui forma également Jean Gilles.

E, 1678, il commence des études ecclésiastiques et reçoit la tonsure. Mais en 1681, le chapitre de la cathédrale le renvoie de la psalette pour avoir participé à des activités théâtrales.

Il part alors en Arles où il est nommé Maître de musique à la cathédrale Saint-Trophime, fonction qu'il exerce deux ans - puis il devient Maître de musique en la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse (1683), poste qu'il garde onze ans. Là, il étoffe les moyens mis à sa disposition : seul les serpents et une basse de viole soutiennent le chant; il introduit deux pupitres de violons. Il est reçu Maître de musique des Etats du Languedoc tenus à Montpellier en 1785.

André Campra n'est jamais décrit comme un homme facile; il est colérique, volontiers porté sur la boisson; on le dit plutôt dépravé, parfois sensible aux attraits du parti italien. Il s'est fait renvoyer d'Aix; il est aussi sévèrement admonesté par le chapitre de Toulouse qui en 1791 exige que Campra soumette préalablement ses oeuvres au chapitre avant toute exécution publique...

Les relations se tendent à un tel point que Campra demande en janvier 1791 un congé de quatre mois pour se rendre à Paris. Il y restera....

Il obtient, en 1694, le poste de Maître de musique de Notre-Dame de Paris, en remplacement de Jean Mignon (1694) Cependant, ses activités lyriques, qui l'accaparent dès 1697 avec son premier opéra-ballet L'Europe Galante l'obligeront à démissionner de ce poste enviable en 1700 .

Jusqu'en 1720 il donna une quinzaine d'opéras-ballets et de tragédies lyriques, dont certains (Hésione, Tancrède, Les Fêtes vénitiennes) furent reprises plusieurs fois du vivant de l'artiste. Compositeur désormais célèbre, chef d'orchestre à l'Académie royale de musique, protégé du Régent ( il fait bon avec le Régent, élève de Marc-Antoine Charpentier d'être une peu italianisant ... ) qui le fait nommer sous-maître à la chapelle royale de Versailles après la mort de Louis XIV. Il intègre donc la Chapelle Royale de Versailles en compagnie de Charles-Hubert Gervais et Nicolas Bernier, quand, en 1722, Michel-Richard de Lalande se démet de trois des ses quartiers.

Campra est également au service des jésuites depuis 172 1. A l'exception d'un seul opéra, Achille et Déidamie (1735) et de deux oeuvres de circonstances composées à la demande du Prince de Conti (La Fête de Isle-Adam, 1722) et à l'occasion du mariage du duc de Chartres (Le Lis et la Rose, 1724), il n'écrira plus que de la musique religieuse : une trentaine de motets, une messe de requiem, des psaumes et un grand nombre de pièces pour les spectacles du collège Louis-Le-Grand.

C'est la simplicité qui caractérise l'oeuvre de Campra, l'union des goûts français et italien, qui s'exprime aussi bien dans son oeuvre religieuse que profane. S'il n'a pas créé le genre de l'opéra-ballet, il a beaucoup contribué à son épanouissement, jouant de la couleur locale, empruntant des éléments au style italien. Il en est de même de la tragédie lyrique, dont le compositeur a su alléger la tradition lullyste.

Lorsqu'il meurt, le 29 juin 1744, sa célébrité doit autant au succès de ses oeuvres sacrées qu'à celui de ses ouvrages lyriques.

Campra est une des rares auteur " versaillais " avec Rameau et Lully qui n'ait pas été complètement oublié après la révolution. Sa messe de Requiem a très souvent bénéficié d'éditions discographiques.

Le personnage est plutôt libertin. On le décrit septuagénaire faisant passer des tests aux jeunes actrices et cantatrices, qui n'étaient pas que des tests vocaux....

Mais ce n'est pas parce que ce site est consacré à la musique baroque de l'époque versaillaise qu'il faut rester tranquille. Campra est un des musiciens de cette époque que je trouve les plus ennuyeux. On sait que le goût du Régent pour l'opéra-ballet ( moins lourd que la tragédie lyrique ) a aidé Campra. Sa musique religieuse est une "musique de concert" : il n'y avait plus de roi pour l'écouter à Versailles quand il est nommé à 60 ans à la Chapelle... et ce n'est pas le Régent qui y aurait donné un sens religieux... Musique facile à l'écoute, choeur simple et assez homophonique, ses écrits comme la Messe de Requiem ont continués à être joué ou étudié au XIX° siècle .. et ce n'est pas étonnant que l'on ait considéré la musique de cette époque comme une " petite musique"..

 


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