Comme tant d'autres ( Desmarest, Lalande, Marais...) Collasse apprends la musique dans une maîtrise. On sait seulement de lui qu'il naquit à paris, fut enfant de choeur à Saint-Paul, puis au Collège de Navarre. Il est engagé par Lully comme batteur de mesure à l'Académie Royale de Musique en 1677 et conservera dix ans ce poste. Il devient le secrétaire de Lully et son plus proche collaborateur : on sait que c'est lui qui compose les parties de remplissage des pièces instrumentales du Surintendant. Il est appuyé par Lully pour obtenir un quartier lors du concours des sous-maitres de la Chapelle en 1683 - poste qu'il conservera jusqu'en 1704 .
En 1685, il prends le suite de Dumont à la Chambre aux côtés de Delalande. En 1689, il épouse le fille de Jean Berain, dessinateur de la Chambre du Roi.Lully meurt en 1687. C'est Collasse qui se charge de finir l'ultime Tragédie lyrique du florentin, Achille et Polyxène, dont le premier acte est de Lully et les autres de Collasse. Il traînera toute sa vie la réputation d'être le second de Lully, le " finisseur" du grand maître...
Car ses activités dans le domaine de la tragédie lyrique après la mort de Lully seront une série d'échecs ( Énée et Lavinie, Astrée, La Toison d'Or...) à l'exception Thétis et Pelée. Son style s'est alors affranchi quelque peu et l'orchestre déploie de nouvelles possibilités expressives . Pascal Colasse innove dans la structuration des genres musicaux : ce qu'on nommera ultérieurerment Opéra-Ballet, et dont on attribue l'invention à Campra (L'Europe galante), c'est bien lasse qui en est le véritable créateur avec le Ballet des Saisons.
En 1696, alors qu'un incendie a ravagé l'Opéra de Lille dont il avait la direction, Colasse sollicite le poste de maître de musique de la Chambre et maître des Pages, détenu alors par Michel Lambert. Louis XIV, en reconnaissance de son travail, lui assure 6000 livres des 10 000 nécessaires à son obtention. Colasse assure cette fonction jusqu'à sa mort. La fin de sa vie est assez mal connue. Le public ne fait plus honneur à ses ¦uvres et Canente est un échec (1700), comme le sera la tragédie lyrique Polyxème et Pyrrhus en 1706.
Oeuvres :
Pour la Chapelle royale, Colasse aurait composé nombre de grands Motets, dont la plupart sont perdus, sauf trois qui, copiés par Philidor, nous sont parvenus : écriture riche et contrastée, orchestre indépendant des choeurs et dialoguant avec elles : c'est une écriture de la seconde partie du règne à la Lalande plutôt qu'à la Lully.
On a aussi sauvegardé les quatre Cantiques spirituels d'aprés les textes de Racine publiés en 1694 pour saint-Cyr. Delande en a composé un seul, Moreau trois . Il s'agit de motets avec un petit effectif édités par Ballard en 1695 et dédiés à Mme de Maintenon.
Ce sont actuellement les seules oeuvres de colasse disponibles au disque à ma connaissance.
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