Le Quiétisme est un idéal mystique selon lequel l'âme se tenant dans une totale quiétude passive peut se maintenir en union avec Dieu même sans pratique de dévotion. Exagéré dans son expression par le prêtre espagnol Miguel de Molinos (1628-96 ; publie en 1675 " la Guide spirituelle "), le quiétisme fut répandu en France par Madame Guyon (1648-1717). Fénelon (1651-1715) s'en fit le défenseur jusqu'à ce que le bref Cum alias condamne le mouvement en 1699.
Mais en fait, il ne faut quand même pas confondre les élans un peu " amoureux " de Marie-Madeleine dans les Magdalena lugens H 343 et Sola vivebat in antris Magdalena lugens H 373 de Charpentier avec des élans mystiques de haut niveau ( au contraire de la musique qui en est magnifique ). Au XVII° siècle, certains motets sont effectivement trés " amoureux ", mais ils sont souvent tirés du Cantique des Cantiques ; Campra en a écrit un certain nombre - On peut citer le Quam Pulccha es H 322 de Charpentier, Motet de la Vierge pour toutes ses fêtes. Il s'agit bien d'un motet marial : la vierge est donc comparée à l'amoureuse du cantique des Cantiques, c'est-à-dire à l'église.
Que tu es belle, ô mon amie, comme tu es belle! Tes yeux sont pareils à ceux des colombes. Ta chevelure est semblable à un troupeau de chêvres, Tes joues sont comme des tourterelles, Ton cou comme des bijoux, Tes lêvres distillent le fruit d'une ruche. Le miel et le lait coulent de ta langue, Ma soeur. ma fiancée, ma bien-aimée! Viens du Liban, ma colombe. que je te couronne! Quam puichra es amica mea, quam puichra es. Oculi tui columbarum Capilli tui sicut greges tonsarurn Gense tuae sicut turturis C0llum tuum sicut monijia Favus distillans labia tua Mel et lac sub lingua tua Soror mea sponsa mea dilecta mea. Veni de libano columba mea coronaberis.
Il faudra bien cesser de confondre les textes normaux de l'église gallicane du XVII° siècle avec les dérives de notre non savoir d'hommes du XXI° siècle, nourris de la philosophie du soupçon, n'ayant de ces textes qu'une lecture érotique-like, et ensuite confondre ces textes normaux par exemple avec les vrais textes mystiques de sainte Thérèse d'Avila sous prétexte qu'il sont aussi érotiques... La sensualité fait parti du culte et de la musique, Charpentier l'a assez prouvé. D'autres aussi.
Ceci dit, pour situer l'ambiance " mystique " populaire - et non celle des de quelques lettrés soit mondains soit instruit en théologie - du XVII° siècle en France, il peut être utile de se remémorer ce que furent les appartion de Paray-le-Monial.
( extrait d'un article F. Chenique )
La dévotion au Coeur de jésus - la dévotion au Sacré-Coeur - a été pendant plus de trois siècles l'une des plus importantes pratiques spirituelles de l'Église catholique. La phrase est au passé, car depuis les réformes hâtives faites "au nom du Concile" (1) ou "dans l'esprit du Concile", la chose a presque totalement disparu de la pratique des paroisses (2) , sauf en quelques endroits comme Montmartre ou Paray-le-Monial, lieu des célèbres apparitions dont nous parlerons plus loin.
Cette dévotion n'a-t-elle été qu'un élan sentimental destiné à ranimer la foi des fidèles dans les périodes difficiles qu'a traversées l'Église d'Occident depuis le XVIIe siècle? On peut l'envisager ainsi, mais c'est une vue très partielle, car cette dévotion a de réels fondements théologiques. La décadence s'est surtout produite au XIXe siècle où la dévotion est devenue trop sentimentale, voire doloriste avec des prétentions sociales exagérées. Une timide réaction s'est dessinée en France dans les années qui ont suivi la première guerre mondiale, mais elle a été de courte durée; nous en parlerons néanmoins en raison de son importante doctrinale : ce sera la troisième partie de ce chapitre. Auparavant, il faut retracer brièvement l'histoire de la dévotion au Sacré-Coeur et tenter de répondre à quelques questions difficiles.
Sommairement, l'histoire de la dévotion au Sacré-Coeur peut se diviser en trois périodes de durée et d'importance inégales: la préparation qui va du Xe au XVIe siècle; les apparitions de Paray-le-Monial et leurs conséquences immédiates au XVIIe siècle; la période moderne du XVIIIe siècle à nos jours (3).
1 - Du Xe au XVIe siècle: la préparation
En dépit des recherches, on ne trouve pratiquement rien sur le Sacré-Coeur avant le Xe ou le XIe siècle. Certes les Pères de l'Église et les écrivains spirituels n'ignoraient pas l'épisode rapporté par l'évangéliste saint Jean (XIX, 34) : un des soldats (4) voyant Jésus mort sur la croix lui perça le côté d'un coup de lance, et il en sortit du sang et de l'eau, mais ils y voyaient surtout la naissance de l'Église sortie du côté du Christ (5) ainsi que les sacrements de baptême (l'eau) et d'eucharistie (le sang), et ils considéraient la plaie du côté comme une source de grâces et un refuge pour les chrétiens (6).
C'est au XIe siècle seulement que la dévotion à la plaie du côté devient la dévotion au coeur percé. Le P. Bainvel cite saint Anselme (7) et saint Bernard, mais les textes sont douteux. Avec Guillaume de saint Thierry, le doute n'est plus possible :
Quand je brûle de m'approcher de lui... c'est lui tout entier que [comme Thomas] je désire voir et toucher; plus encore, m'approcher de la sacro-sainte blessure de son côté, de cette porte de l'arche faite au flanc, non pas seulement pour y mettre mon doigt ou ma main, mais pour entrer tout entier jusqu'au Coeur même de Jésus, dans le Saint des Saints, dans l'arche du Testament, jusqu'à l'urne d'or, l'âme de notre humanité, contenant en soi la manne de la divinité (8).
Au XIIe et au XIIIe siècle, la dévotion au Sacré-Coeur se développe lentement. Dans sa Vigne mystique, saint Bonaventure a des développements fort intéressants, mais c'est surtout sainte Mechtilde (9) et sainte Gertrude de Helfta (10) qui exposent les relations mystiques qu'elles entretiennent avec le Sauveur et la dévotion qu'elles portent à son Coeur. Plutôt que de longues citations de sainte Gertrude, donnons le résumé qu'en fait son éditeur bénédictin :
Tantôt le Coeur divin lui apparaît comme un trésor où sont renfermées toutes les richesses; tantôt c'est une lyre touchée par l'Esprit-Saint, aux sons de laquelle se réjouissent la très sainte Trinité et toute la cour céleste. Puis c'est une source abondante dont le courant va porter le rafraîchissement aux âmes du purgatoire, les grâces fortifiantes aux âmes qui militent sur la terre et ces torrents de délices où s'enivrent les élus de la Jérusalem céleste. C'est un encensoir d'or d'où s'élèvent autant de divers parfums d'encens qu'il y a de races d'hommes pour lesquelles le Sauveur a souffert la mort de la croix. Une autre fois, c'est un autel sur lequel les fidèles déposent leurs offrandes, les élus leurs hommages, les anges leurs respects, et le prêtre éternel s'immole lui-même. C'est une lampe suspendue entre ciel et terre; c'est une coupe où s'abreuvent les saints, mais non les anges, qui néanmoins en reçoivent des délices. En lui, la prière du Seigneur, le Pater noster, a été conçu et élaboré... par lui est suppléé tout ce que nous avons négligé de rendre d'hommages dus à Dieu, à la sainte Vierge et aux saints. Pour remplir toutes nos obligations, le Coeur divin se fait notre serviteur, notre gage; en lui seul nos oeuvres reçoivent cette perfection, cette noblesse qui les rend agréables aux yeux de la majesté divine; par lui seul découlent et passent toutes les grâces qui peuvent descendre sur la terre. A la fin, c'est la demeure suave, le sanctuaire sacré qui s'ouvre aux âmes à leur départ de ce monde pour les y conserver dans d'ineffables délices pour l'éternité (11).
Que dire de plus, pensera le lecteur moderne? Mais le P. Bainvel n'est pas satisfait parce que les deux saintes ont moins en vue le coeur de chair du Sauveur que son coeur sublimé dans le symbolisme de l'amour heureux et dans le rayonnement lumineux de la personne du Christ glorieux et triomphant. Ces réflexions montrent à quel point le sens du symbole était presque complètement perdu dans l'Église catholique au début du XXe siècle.
Du XIIIe au XVIe siècle, le culte se propage, notamment par sainte Catherine de Sienne (12), par saint François de Sales et par les religieuses de la Visitation (13). Saint Jean Eudes (14) inaugure le culte public du Sacré-Coeur en composant un office et une messe qui furent approuvés par plusieurs évêques. Toutefois, de mystique, ce culte tend à devenir ascétique; autrement dit, il ne s'agit plus d'une contemplation infuse reçue d'en haut, mais d'une série d'exercices destinés à enflammer l'âme du dévot et à susciter en lui de pieuses affections. Ce n'est certes pas critiquable, mais ça le deviendra lorsque pour des raisons d'apostolat efficace, on éliminera pratiquement toute vision spirituelle du Coeur sacré.
2 - Les apparitions de Paray-le-Monial
Sainte Marguerite-Marie Alacoque (15) était religieuse au couvent de la Visitation à Paray-le-Monial. Elle avait une dévotion au Sacré-Coeur dans la ligne tracée par saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal, les fondateurs de l'ordre, mais elle ne semble pas avoir connu les communications faites à sainte Gertrude, ni le ministère et l'apostolat de saint Jean Eudes. Elle fut favorisée de nombreuses apparitions et communications qui la destinèrent par la suite à exercer un nouvel et véritable apostolat du Sacré-Coeur grâce à l'aide qu'elle reçut de son directeur (16), le P. Claude de La Colombière Il. Les historiens comptent généralement quatre "grandes apparitions" en dépit de quelques incertitudes sur les dates exactes.
Dans la première apparition, très probablement à la fin de 1673, elle repose comme saint Jean sur la poitrine du Sauveur et reçoit le nom de dis ciple bien-aimée du Sacré-Coeur. L'année suivante, elle voit le Sacré-Coeur "comme dans un trône de flammes, plus rayonnant qu'un soleil et transparent comme un cristal"; il était entouré d'une couronne d'épines et surmonté d'une croix. Notons qu'il s'agit bien là de l'authentique représentation du Sacré-Coeur, et non pas celle que nous a imposée le siècle dernier. Dans cette apparition, sa mission est précisée : honorer le coeur de chair du Sauveur et répandre la dévotion au Sacré-Coeur afin de participer à la rédemption d'amour de tout le genre humain.
Dans une troisième apparition, probablement en 1674, elle voit un coeur flamboyant qui lui demande des actes d'amour réparateur : la communion fréquente, spécialement celle du premier vendredi du mois, et "l'heure sainte" entre onze heures et minuit en participation à l'agonie de Jésus au jardin des Oliviers. Il s'agit là de réparer les outrages que le Sauveur reçoit des hommes ingrats oublieux de sa mission rédemptrice.
Enfin, dans ce qu'il est convenu d'appeler "la grande apparition" de 1675, le Sacré-Coeur se plaint à nouveau de l'ingratitude des hommes et demande une fête officielle de réparation chaque année, le vendredi suivant l'octave du Saint-Sacrement,.Par la suite, entre 1675 et 1678, viendront ce qu'on appelle "les promesses du Sacré-Coeur" en faveur de ceux qui le vénèrent, ainsi que des précisions sur les pratiques de la dévotion.
3 - L'époque récente
Les attaques des jansénistes contre les "cordicoles" ne manquèrent pas. Rome fit attendre son consentement à la fête jusqu'en 1765, et ce n'est qu'en 1856 que Pie IX l'étendit à l'Église universelle.
Une pétition avait été faite en 1875 demandant au Pape la consécration officielle de tout le genre humain au Sacré-Coeur. Ce n'est qu'en 1899 que Léon XIII s'y décida après avoir surmonté le problème juridique : le Pape pouvait-il consacrer au Sacré-Coeur des hommes qui n'étaient pas catholiques? (18) Le texte de consécration de Léon XIII a été modifié par Pie XI en 1925 : il attaque nommément le Judaïsme et l'Islam, ce qui le rend inutilisable dans le Catholicisme oecumenique actuel voulu par le Concile de Vatican Il. Signalons deux encycliques relativement récentes sur le culte du Sacré-Coeur : Miserentissimus Rédempteur de Pie XI (mai 1928) et Haurietis aquas de Pie XII (mai 1956). Il existe également un acte de réparation au Sacré-Coeur qui date de 1928 et qui était lu publiquement à chaque fête du Sacré-Coeur, pratique qui semble presque complètement oubliée de nos jours.
L'histoire et le développement de la dévotion au Sacré-C¦ur posent plusieurs questions difficiles. Le titre traditionnel latin que nous utilisons ici signifie simplement "questions discutées", et nous essayerons de les exposer sans aucun esprit de "dispute". Ce que nous dirons ici est tiré principalement des ouvrages justement réputés de deux spécialistes de la théologie mystique: un jésuite, le P. Poulain (19), et un dominicain, le P. Meynard (20)
1 - Faut-il croire aux apparitions et aux révélations de Paray-le-Monial?
La réponse est certainement négative : les apparitions et les révélations privées, même quand elles sont approuvées par l'Eglise, sont seulement probables et elles n'engagent pas la foi catholique. Dans son gros traité sur la canonisation des saints, Benoît XIV (pape de 1740 à 1758) s'exprime ainsi : "Que faut-il penser des révélations privées approuvées par le Saint-Siège? J'ai dit qu'il n'est ni obligatoire, ni possible de leur donner un assentiment de foi catholique, mais seulement de foi humaine, conformément aux règles de la prudence, qui nous les présente comme probables et pieusement croyables" (21)
Ces révélations, une fois approuvées par Rome, ont souvent pour objet d'attirer l'attention sur un point de la foi catholique et de réveiller la ferveur des fidèles. Ce fut certainement le cas à Paray-le-Monial et plus tard à Lourdes, comme chacun sait, mais la dévotion au Sacré-C¦ur et la croyance en la conception immaculée de la Vierge étaient bien antérieures aux apparitions et aux révélations faites à sainte Marguerite-Marie et à sainte Bernadette (22).
2 - Quelles visions sainte Marguerite-Marie a-t-elle eues?
On distingue trois sortes de visions : les corporelles qui s'adressent aux sens extérieurs, les imaginaires à l'imagination et les intellectuelles qui concement directernent l'intelligence pure (23). Les visions imaginaires se produisent dans l'imagination, mais elles ne sont pas le produit de l'imagination; aussi, pour éviter les confusions que peut entraîner l'usage moderne du mot "imaginaire", le P. Poulain propose-t-il de les appeler "visions imaginatives". Nous le suivrons sur ce point.
Si les visions purement intellectuelles sont rares, elles peuvent accompagner des visions imaginatives dont elles donnent le sens. C'est, semble-t-il, le cas de sainte Thérèse d'Avila qui dit avoir eu des visions intellectuelles que certains théologiens de la mystique classent plutôt dans les visions imaginatives, mais il peut s'agir d'un mixte de ces deux types de visions. Sous réserve de plus ample information, c'est probablement ce qui s'est passé pour sainte Gertrude et pour sainte Marguerite-Marie.
Les paroles entendues au cours ou en dehors des visions se classent en auriculaires, imaginatives et intellectuelles, mais les problèmes qu'elles posent sont plus complexes (24). Il reste à se demander pour quelles raisons l'Église admet comme véridiques certaines apparitions et révélations et en rejette d'autres. Il y a deux critères principaux : le premier est la santé mentale (25) et spirituelle de la voyante (26), ce qui est jugé d'après les relations qu'elle a eues avec ses supérieurs et d'après les écrits qu'elle a laissés; le second critère est l'utilité que ces révélations et visions présentent pour les fidèles de l'Église (27).
3 - Jésus-Christ est-il apparu en personne à sainte Marguerite-Marie?
L'avis des théologiens est presque unanime sur ce point : depuis l'Ascension, il n'y a plus d'apparitions personnelles de Jésus, sauf peut-être pour saint Paul. Au XVIIe siècle, il était encore possible de croire que le Sauveur descendait du ciel pour rendre visite à sa voyante; aujourd'hui, ça ne marche plus du tout. Nous proposons au lecteur trois types d'explications :
Les théologiens de la mystique disent que ces apparitions se font par le ministère des anges, comme ce fut souvent le cas dans l'Ancien Testament.
1. Il s'agit du Concile oecuménique de Vatican II qui s'est tenu à Rome de 1962 à 1965.
2. Le problème n'est pas celui de la messe en français, mais le massacre soigneusement organisé de la liturgie latine romaine. S'il n'y avait pas France-Musique, Radio Classique et Radio Notre-Dame, combien de Français n'entendraient jamais de chant grégorien et ignoreraient tout ou presque des chefs-d'oeuvre de la musique religieuse.
3. Une bonne source reste le long exposé (80 colonnes) que le P. J. Bainvel s.j. a donné à l'article Coeur du Dictionnaire de Théologie Catholique ou DTC (Vol. 111 paru en 1908). Nous retrouverons le P. Bainvel plus loin à propos de la revue Regnabit. Pour un développement plus récent, consulter le Dictionnaire de Spiritualité et l'encyclopédie Catholicisme. Plus récent encore est le gros ouvrage du P. de Margerie: Histoire doctrinale du culte envers le Coeur de Jésus; vol. 1, Marne, 1991; vol. 2, St Paul, 1995.
4. Les traditions liées au Graal désignent ce soldat comme le centurion Longin. Voir l'article de René Guénon "Le Sacré-Coeur et la légende du Saint Graal" dans Symboles fondamentaux de la science sacrée, Gallimard, Paris, 1962.
5. Naissance dans l'eau et dans le sang, comme toute naissance humaine. Elle s'est faite par le côté, le coeur étant le symétrique du sexe par rapport au plan de symétrie horizontale qu'est le diaphragme dans le corps humain; voir Plaidoyer pour le corps du P. Poucel, éd. Xavier Mappus, Le Puy, 1937. La tradition veut que le Bouddha soit né par le flanc de la reine Mahàrnàyà, ce qui signifie une conception et une naissance virginales. Voir le chapitre 10.
6. Nous reviendrons plus loin sur le symbolisme des plaies du Christ.
7. Saint Anselme (1033-1109) fut abbé bénédictin du Bec-Hellouin en Normandie, puis évêque de Canterbury. Il envisage la spéculation philosophique comme une explication de la foi ( fides quaerens intellectum), et on lui doit la célèbre "preuve ontologique" de l'existence de Dieu.
8. Guillaume de Saint-Thierry (1085-1148), ami de saint Bernard, est l'un des plus attachants témoins de la spiritualité médiévale. Le texte cité fait allusion à l'arche de Noé et au temple de Jérusalem.
9. Sainte Mechtilde de Hackebom (1241-1298) était une religieuse cistercienne. Son Livre de la grâce spéciale est un ouvrage mystique qui occupe une place importante dans l'histoire de la dévotion au Sacré-Coeur.
10. Sainte Gertrude de Helfta, dite la Grande (1256-1302) est la soeur de sainte Mechtilde. Les thèmes majeurs de ses ouvrages sont l'humanité du Christ et le Sacré-Coeur.
11. Les textes cités sont tirés du long article du P. Bainvel dans le DTC. Le lecteur y trouvera d'autres textes avec leurs références.
12. Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) était mystique, visionnaire et stigmatisée; elle appartenait au tiers ordre de saint Dominique et ses ouvrages comptent parmi les classiques de la littérature italienne. Canonisée en 1461, elle a été proclamée Docteur de l'Église en 1970.
13. Cet ordre fut fondé en 1610 par saint François de Sales et par sainte Jeanne de Chantal. Les religieuses visitandines devaient s'occuper des malades pauvres, mais la clôture qui leur fut imposée les en empêcha; vouées à la vie contemplative, leur règle se caractérisait à l'époque par un adoucissement sensible par rapport aux autres ordres féminins.
14. Saint Jean Eudes (1601-1680) était un prêtre de l'Oratoire. Représentant de l'école française de spiritualité, il est, avec Bérulle et saint Vincent de Paul, au premier rang de ceux qui restaurèrent le catholicisme en France au XVII ème siècle.
15. Sainte Marguerite-Marie Alacoque vécut de 1647 à 1690; elle entra au couvent de la Visitation de Paray-le-Monial en 1672. En raison de ses apparitions et de son apostolat, Paray-le-Monial est devenu un grand centre de pèlerinage. Elle a été canonisée en 1920.
16. On appelait ainsi le prêtre chargé de confesser les religieuses, de leur dire la messe et de les diriger dans les voies de la spiritualité.
17. Claude de La Colombière (1641-1682), avec ou sans particule selon les dictionnaires, était un jésuite. Il fut supérieur de la maison des jésuites à Paray-le-Monial en 1675-76, et il devint le directeur de la visitandine Marguerite-Marie. Convaincu de l'équilibre psychique et de la sainteté de cette religieuse, il se fit le propagandiste de la dévotion au Sacré-Coeur et des révélations qu'elle avait reçues. Il a été béatifié en 1929 et canonisé le 31 mai 1992 par le Pape Jean-Paul Il.
18. Saint Thomas d'Aquin fut appelé au secours (Sum. Theol., 111, q.59, a.4): il y est expliqué que si tous les hommes ne sont pas sujets du Christ et de l'Église quantum ad executionem potestatis, tous le sont quantum ad potestatem.
19. Auguste Poulain s.j., Des Grâces d'oraison, Traité de théologie mystique, onzième édition, Beauchesne, Paris, 1931. Cette édition, qui fut la dernière, comporte une longue et remarquable introduction du P. Bainvel.
20. André-Marie Meynard o.p., Traité de la vie intérieure ou Petite somme de théologie ascétique et mystique d'après l'esprit et les principes de Saint Thomas d'Aquin, Lethielleux, Paris, 1924. Cette édition a été revue et quelque peu modifiée par le P. Gérest. Elle comprend deux volumes : ascétique et mystique. Nos références renverront au second volume consacré tout entier à la mystique.
21. Poulain (o.c.), p.334-335, où d'autres sources sont citées.
22. La définition dogmatique de la conception immaculée de la Vierge a été établie par Pie IX en 1854, mais la fête remontait au Vlllème ou au IXème siècle. Les apparitions de Lourdes n'eurent lieu qu'en 1858 et Bemadette Soubirous ignorait tout de cette affaire.
23. Meynard (o.c.), Appendices, chap. 1: Les visions.
24. Meynard (o.c.), Appendices, chap. Il: Les paroles surnaturelles.
25. C'est un critère fort délicat à manier et qui a bien varié dans le temps. De nos jours, Jeanne d'Arc finirait à l'hôpital psychiatrique et Marguerite-Marie serait incitée à suivre une psychothérapie.
26. Nous laissons au féminin, car l'histoire montre que les phénomènes mystiques - qui ne constituent d'ailleurs pas l'essence de la mystique - sont plus fréquents chez les femmes.
27. La lenteur et la prudence que met le Vatican à approuver ou à désapprouver telle ou telle révélation privée agacent souvent à la fois les partisans et les adversaires de la chose; mais il faut bien reconnaître que le temps est un bon juge, et c'est en définitive l'utilité pour le peuple chrétien qui incite Rome à approuver telle révélation et à laisser dans l'ombre telle autre qui reste alors une affaire purement privée.
Coeur et Sacré-Coeur dans l'occident catholique de F. Chenique - Dervy Livres